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L
A SORTIE EST FAITE. LES FRUITS ET LEGUMES ENVAHISSENT LE BATEAU.
LE PLEIN DE GAS OIL EST FAIT. GWENALYS EST PRÊT À REPRENDRE LA MER. NOUS AUSSI...
5 heures le réveil sonne. Il fait encore nuit. Le temps de prendre le petit déjeuner le jour se lève.
Vous connaissez tous l'expression "un homme à la mer", mais connaissez-vous celle-ci : "un seau à la mer" ? Je croirais volontier que Claude n'était pas suffisamment réveillé ce matin là. Toujours est-il qu'il a entrepris de faire la vaisselle avant d'arriver en mer. Lorsque Martine a entendu un grand "m..." Il est interdit de taper des gros mots, donc à vous de deviner. - "Que se passe t'il ?" - "Le seau est tombé, à l'eau !" Une histoire de bout (lire boute) qui s'est pris dans le fermoir, ouvrant ce dernier et laissant filer le seau... - "Bon. On fait le seau à la mer ?" - "Pourquoi pas ?" Et voici Gwenalys à la recherche du seau. Mais un seau bleu foncé, dans une eau grise et un jour qui se lève à peine. Ce n'est pas facile. La première fois on l'a vu le cul en l'air. Impossible de le prendre avec la gaffe. La deuxième fois on est pratiquement passé dessus, on ne le voyait pas. La troisième fois on l'a laissé et on a continué notre chemin. Adieu seau. Nous aimons bien laiser quelques souvenirs derrière nous. La première ligne droite se fait au moteur. - "Elle est ou la bouée verte ?" Déja en arrivant nous ne l'avions pas trouvée mais il faisait encore sombre avant le lever du jour. Maintenant le soleil est bien haut dans le ciel et la bouée n'est toujours pas là. On peut supposer, avec les traces sur la carte, que nous l'avons dépassée. Alors on monte les voiles et on file vers l'embouchure de la rivière. Les chalutiers sont toujours au travail. Ils doivent y passer des jours et des jours avant de rentrer sur Dakar ou ailleurs. Nous sommes heureux de les dépasser en pleine journée. La navigation a bien débuté. Bon vent, belle mer, Gwenalys avance bien. Puis la houle a forci. C'est toujours ainsi. On remarque et on sent la forte houle avant le coup de vent. On prend des ris et on continue tranquillemnt. Nous avons choisi d'aller le plus loin possible, rejoindre la route du Cap Vert pour échapper au pot au noir. Le pot au noir est cette zone de coup de vent violent avec averse et paf! plus de vent. Apparemment nous ne sommes pas allés assez loin. Nous voyons des orages, des nuages noirs. Pour le moment ils sont loin. Mais pour combien de temps ? Et voilà c'est pour nous. Pendant une semaine nous allons naviguer saucé, ensoleillé:, venté, planté. Une vraie galère. On en profite pour battre des records de vitesse. C'est le tour de Claude. Yes ! 9,9 nœuds. Sauf que le génois, lui, n'a pas aimé du tout. Un coup de blues, un coup de "trop c'est trop". Lui seul le sait mais il a subitement explosé. Il s'est déchiré en longueur, en largeur. Bref on ne peut plus compter sur lui. Lorsque la mer et le vent se sont calmés, Claude l'a bloqué contre l'enrouleur avec une amarre. Bon il nous reste la G.V et la Trinquette. Les miles ne vont pas défilés vite. Enfin on s'en sort. Nous avons passé cette zone difficile pour retrouver ciel bleu et vent. Et même un nuage de poussière. Nous l'avons vu monter et passer au-dessus de nous, rosissant ciel et nuage. Le 13 décembre à 13h59 nous passons l'Equateur, le les voiles histoire de boire le champagne, mis au frais depuis quelques jours pour l'occasion, sans s'occuper de la navigation. Quelle erreur! La houle est plus forte qu'on ne le supposait. Gwenalys se balance d'un bord sur l'autre. Nous mettons nos coupes en sécurité dans une boîte plastique et gardons la bouteille bien en main. Nous avons bien ri en essayant de faire des photos. Imaginez-vous au dernier essorage d'une machine à laver; lorsque le tambour va de gauche à droite. Essayez de garder l'équilibre. Vous y êtes ? Vous nous comprenez mieux maintenant. 6 ans après notre premier passage nous avons innové en jetant une bouteille la A l'intérieur nous avons glissé un document indiquant nos noms, prénoms, le nom du bateau, notre adresse et une prière à ceux qui la trouveront de nous envoyer un e-mail. Notre adresse est aussi indiquée. Aurons-nous des nouvelles ? Attendons... Notre navigation touche à sa fin. Nous approchons du Rio Paraiba et de Jacaré. Il fait nuit et nous apercevons des feux. Vert, rouge, c'est normal. Mais pourquoi un feu bleu près d'un feu vert ? Ce n'est qu'un pêcheur. Alors nous reprenons le tandem mis au point dans les bolongs et rivières. Claude à l'ordi. Martine a la barre et nous suivons les feux. Un coup à babord. Un coup à tribord. Le chenal est entouré de hauts fonds. Peu à peu nous grattons des miles, passons devant le port commercial bien éclairé. Mieux que les bouées d'ailleurs. Parfois celles-ci brillent par leur absence de feux. On arrive au dernier virage. Nous apercevons des lumières, des máts. Nous continuons et jetons l'ancre près d'un ponton três éclairé. Et maintenant dodo. Demain sera un autre jour.
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