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OUS CHANGEONS DE MOUILAGE. NOUS QUITTONS CIDADE VELHA POUR TARRAFAL.
TARRAFAL EST AU NORD OUEST DE L'ÎLE. CE QUI VEUT DIRE, EN TERME PLUS CLAIR,
QUE NOUS DEVONS REMONTER TOUT SANTIAGO POUR Y PARVENIR.
5 heures ont sonné. Nous remontons l'ancre et quittons Cidade Velha. La lune est absente. La nuit est noire.
  Le ciel est constellé d'étoiles. C'est grandiose. Gwenalys a pris un bon départ. Nous longeons la côte sauvage.
  7h, Claude réclame son petit déj. C'est le moment ou Martine se dit qu'elle aurait du s'abstenir de descendre.
  Le pain est bien dur. Le nouveau couteau à pain trop neuf et bien coupant. Le doigt à Martine l'a senti, pas venir
  non après. Ah ça !!! le pain n'a pas bougé. Seul mon doigt a été coupé. Et ça pisse !!! Et ça pisse !!!
  Claude si tu veux ton petit déjeuner tu t'en occupes, moi je ne bouge plus de la barre.

L e vent en a profité pour aller voir ailleurs. Nous sommes obligés de mettre le moteur. Pas super avec la houle.
    -  Chaton, tu as modifié le régime du moteur ?
    -  Non, pourquoi ?
    -  Il m'avait semblé l'entendre ralentir.
  Ah là !!! Ce n'est pas qu'une impression. Non seulement il ralenti mais en plus il s'arrête. Génial. Quant à vouloir
  redémarrer. Il ne veut rien savoir.
    -  Monsieur Leclair, ne serait-on pas en panne d'essence ? Ou est-ce encore une saleté qui traîne ?
    -  No se.
  OK. C'est super. Nous sommes à 5 miles de la côte, à 13 miles de Tarrafal et autant de Praia. (pour avoir la
  conversion en km, il faut multiplier la distance par 1.842 m, par deux c'est plus simple).
  Gwenalys fait des ronds dans l'eau. Martine attend à la barre. Claude est au sous-sol. Il pompe. Il pompe. Il ne
  se passe rien. Ca fait une demi-heure que nous sommes là, toujours sans vent. Gwenalys ne peut ni monter,
  ni redescendre, ni aller vers la côte, tant mieux, et encore moins vers le large.
    -  Ça va s'arranger, j'ai ouvert la vanne.
  Bizarre. Martine a pourtant l'impression d'avoir demandé si cette dernière était ouverte.
  Claude continue de pomper. Le moteur continue de refuser de démarrer. Ce n'est pas gagné.
  Claude est à bout d'arguments. Il baisse les bras. Martine relève les siens et descend à son tour.
  Confortablement installée sur la cuvette des toilettes, fermée, elle pompe. Et elle pompe.
    -  Claude tu fais un essai !!!
  Toujours rien.
    -  Claude tu refais un essai !!!
  Toujours rien. Ah je sens que je vais me facher.
    - Bon, Claude tu essaies plusieurs fois et moi je pompe. Non mais !!!
  Le moteur toussotte, crachotte, mais persiste dans sa position. Martine aussi.

Vous connaissez l'histoire des Shadocks ? Mais si ! Bon les jeunes peut-être pas mais vous les plus vieux !!!   Rappelez-vous Claude Pieplu : Et les shadocks pompèrent pompèrent, pompèrent.
  Et nous, nous pompons. Et nous, nous pompons. Et nous, nous pompons. Ah c'est pas mal çà.
  Il va falloir que je m'en rappelle.
  Oui eh bien, Martine a si bien pompé que le moteur a ... démarré. Si, si... Nous sommes ravis vous le supposez.

Il y a des fois ou on se demande si le vent ne se fiche pas de nous. Maintenant que le moteur tourne,
  le vent souffle. Doucement, alors on laisse le moteur le temps d'en être sûrs. Mais les moutons, au loin,
  nous laisse entrevoir la suite.
    -  Dis, Chaton, on ne devrait pas diminuer le génois ? Les moutons arrivent vite et en force. Tu ne trouves pas ?
  Il était temps. Gwenalys est parti comme une fusée. Claude réclame la barre. Que nenni !!! C'est trop bien.
  8 nœuds, 8,1; 8,2; 8,3; 8,4; 8,5. Et paf on redescend à trois. Le barranco est passé. La montagne nous protège.
  Il va falloir attendre le prochain. Les moutons reviennent. Claude a pris la barre, pas de force non. Martine
  l'a laissé s'amuser un peu. Il est vexé. Gwenalys n'a pas dépassé 7,9 nœuds. Je suis la gagnante du jour.

Claude, je crois que là çà va bastonner sérieux. La horde de moutons est telle qu'on ne voit que du blanc.
  Encore un peu de génois en moins. On y est. Il nous reste 3 miles à faire et le vent nous arrive ... dans le nez.
  Heureusement qu'on a réduit le génois, car Gwenalys penche, penche. Bon les chandeliers ne sont pas encore
  dans l'eau, mais quand même. Si on regarde bien, le mouillage est sur la droite. On y devine quelques bateaux.
  Mais avec le vent dans le nez et peu de voile, Gwenalys va sur la gauche. Donc, comme il ne reste pas
  beaucoup de chemin à faire, le plus sage serait de baisser les voiles et mettre le moteur. Sitôt pensé. Sitôt fait.

On ne sais pas comment va être le mouillage. Mais vu les moutons qui nous entourent, vu le vent qui souffle
  très fort. Nous nous interrogeons. Finalement nous avons laissé le vent derrière nous. Ici il souffle un peu moins.
  Par contre la houle. Oh la la !!! Quelle est belle. Claude me demande de faire le tour du mouillage, histoire
  de savoir ou on va jeter l'ancre. J'aimerai bien le savoir aussi. Il y a des barques de pêcheurs partout.
  Bon on ne va pas tourner pendant des heures. On ne peut pas s'approcher de la plage à cause de la houle.
  Il y a 8 mètres de fond sous la quille. Alors moi je reste là. A toi d'y jeter l'ancre.
  Quand je dis houle ce n'est pas n'importe quoi. Celle-ci doit avoisinner les 3 mètres. Les vagues se jettent sur
  la côte, sur la plage. A la crête des vagues, les cheveux d'ange volent au   .
  Il n'y a pas à dire, ce spectacle nous ravi toujours.

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